Le bac à sable de Daniel – en cours de finalisation
Cancer de la prostate, une nouvelle expérience
L’annonce d’un cancer de la prostate a eu comme effet de donner à ma pratique du bouddhisme, pourtant de plus de 30 ans, un nouvel éclairage.
Cette maladie est arrivée comme une nouvelle expérience, mais pas seulement. Elle m’a permis de repenser mon lien avec ce corps, à mon incarnation. D’approfondir qui je suis au plus profond. Elle m’a permis de tester la force de mon refuge. Elle a totalement et radicalement boosté ma pratique bouddhiste et a magnifiquement élargi mon champ de vision.
Grâce à elle, j’ai découvert une nouvelle expérience des pratiques tantriques, de non dualité.
L’élément probablement le plus inattendu m’a été suggéré par une amie du Canada, également touchée par un cancer, ainsi que par un accompagnant de malades. Cette amie m’a expliqué l’approche somatique, des soins par le toucher, par le corps et leur importance dans le processus de guérison. Lui m’a suggéré de tester les massages tantriques.
Mes recherches m’ont amené à faire la connaissance de Pierre Pantillon, masso-thérapeute. Très rapidement son approche s’est révélée être une clé, une voie à découvrir.
Par son toucher, ses manipulations, mais également sa bienveillance, j’ai redécouvert le bonheur de faire confiance. Celui de pouvoir m’abandonner, me laisser bercer, de lâcher. Je crois que j’ai saisi l’importance de ces contacts physiques dans ce processus de guérison, mais aussi au delà.
Je n’aurais jamais soupçonné que cette approche par le corps, jointe à ma pratique spirituelle aurait un impact aussi bénéfique et m’ouvrirait de nouveaux horizons. Les enseignements bouddhistes sur les tantras ont pris une nouvelle perspective. Un peu comme un puzzle dont l’image commence à apparaître au fur et à mesure que les pièces sont mises dans le bon ordre.
Cette maladie m’a amené à rencontrer des êtres vrais. De ceux qui vous regardent au fond des yeux et vous disent « ça va aller ».
Vous ne savez pas pourquoi, mais vous sentez qu’ils ont raison. Des êtres qui vous offrent toutes leurs connaissances, leurs compétences pour vous aider à vous sortir d’affaire. Mais encore plus, des êtres qui vous changent pour toujours. Qui vous font découvrir des univers en vous que vous ne soupçonniez même pas…
Divers éléments complémentaires
Une fois la prostate retirée, vous devez apprendre à utiliser et renforcer le périnée. L’entrainement doit commencer de préférence avant l’opération, guidé par un professionnel. Le physiothérapeute spécialisé dans ce domaine qui m’a suivi et me suit encore est Quentin Härri. C’est à lui que je doit ma maîtrise du périnée. Les exercices ne sont pas toujours agréables, mais nécessaires.
Son travail a été complété par l’utilisation de l' »app » Squeezy développée par le NHS. Cette « app » vous rappelle 6x par jour de faire vos exercices. Elle rythme ces derniers et rend l’exercice plus facile. Pour quelques £, ça vaut vraiment le coup.
J’ai également reçu du soutien et une documentation fournie de la Ligue contre le cancer de Genève. La ligue a également mis en place un cursus de réadaptation auquel j’ai eu la chance de participer. Un sujet pas encore abordé, mais qui est important, est celle de la sexualité après l’opération. Je compléterai prochainement mon « blog » avec des éléments sur ce sujet.
Conclusion
En résumé, un cancer est une maladie qui peut arriver. Ce que vous en faites est une autre chose, qui vous appartient. Cherchez la force au fond de vous, dans vos ressources, explorez les possibles. On peut très bien s’en remettre. Et même en sortir renforcé, comme une renaissance. Dans mon cas, je me sens bien mieux après cette expérience qu’avant. Je vous souhaite qu’il en soit de même pour vous.