Le cancer de la prostate

Au détour d’un contrôle médical de routine, le résultat de mes examens sanguins a montré que mon taux
de PSA était passé de 1,5 à 3,86. Rien d’inquiétant, sachant que le seuil habituel pour investiguer tourne autour de 5.  Le PSA est une protéine produite par la prostate qui
permet d’alerter sur l’état de la prostate.

Grâce à la vigilance de ma doctoresse, d’autres examens ont permis de d’effectivement révéler la présence de tumeurs dans ma prostate, plus tard confirmées comme cancéreuses. Et bam, on était bien dans le vif du sujet.

Comment encaisser, réagir mentalement et émotionnellement; quelles sont les options, les conséquences? Une annonce de cancer n’estjamais anodine. 

Entre les examens complémentaires et leurs résultats, je me suis beaucoup documenté. Je suis allé à la Ligue contre le cancer de Genève où l’accueil m’a fait du bien. J’y ai trouvé une écoute, un soutien et ai trouvé tous les éléments me permettant de comprendre dans quel nouveau monde j’allais entrer. Le choix du traitement allait impacter le reste de ma vie.

Etape suivante, la rencontre avec le professeur des HUG qui allait m’opérer. Dès maintenant, il ne faut plus parler de guérison, mais de rémission. Il allait m’opérer assisté d’un robot appelé « Da Vinci ». Parfait. Il m’a redirigé vers Sonia, qui allait devenir mon « infirmière répondante ». Grâce à elle, je savais dans les détails à quoi je devait m’attendre: les incontinences, l’impact sur mes fonctions érectiles, les fatigues. Mais également les traitements existants, comment changer une poche, récupérer un certain contrôle sur mon périnée, en bref, mon futur. Sa spontanéité a rendu tous les choses moins lourdes.

Puis l’opération. Un « Coucou, respirez » et pouf, vous rouvrez les yeux 5-6 heures plus tard. Vous n’avez pas dormi, un magicien vous a discrètement ajouté 5-6 heures à votre montre. Aucune notion du temps passé. Aucune douleur, même un doute sur le fait d’avoir ou non  été opéré. Installation en chambre. Deux jours sur place entouré d’un personnel incroyablement dévoué, d’une gentillesse magnifiques. J’en profite pour tous les remercier. 

Puis ce fut la longue, très longue période de récupération. D’abord celle de se familiariser avec la sonde. Une fois retirée, celle de comprendre que je me suis retrouvé dans le corps d’un enfant qui ne sait pas comment faire pour se retenir d’uriner. De devoir porter des couches. Des mois et des mois à faire des exercices intensifs pour progressivement reprendre un léger contrôle sur mes fuites. La fatique est également un élément important. Puis, avec un meilleur contrôle, commencer à pouvoir marcher plus longtemps. Au début, impossible de faire quelques pas en restant sec. Puis quelques centaines de mêtre, descendre un trottoir. On ne peut imaginer ce que cela représente comme effort pour retrouver une certaine autonomie. Ensuite ce sera pouvoir se baisser pour ramasser quelque chose au sol… Etc, jusqu’à pouvoir monter 3 étages dans les escalier et de pouvoir crier « victoire ». Ca prend du temps, mais les efforts portent leurs fruits.

Le bouddhisme dans  tout ça